Tadam !!!! Nous avons un emploi ! Nous travaillerons donc dans les vignes. Que voulez vous ! Nous avons du sang Bourguignon qui coule en nous, nous retournons aux sources !
Bon, le raisin de notre nouvel employeur n’est pas destiné à devenir du bon vin mais à être vendu en magasin. Nous devrons remplir des « box ». Nous avons intérêt d’en faire un maximum car nous sommes payés à la boite : 2,40 Dollars/boite. Heureusement, nous avons fait les vendanges en France au mois de Septembre, nous aurons eu un petit entrainement.
Nos collègues sont tous des Asiatiques, réputés pour être des machines de guerre : ils ne comptent pas les heures, ne râlent jamais, sont rapides et habiles. Mais ils ne nous connaissent pas encore ! On va leur montrer ce qu’ils savent faire les p’tits Français ! Car nous aussi nous sommes motivés !
Nous logeons à proximité de la vigne, tout comme le reste de l’équipe, dans une chambre que nous louons 50dollars /semaine et par personne. Nous avons une cuisine commune à disposition avec gazinière, bouilloire, four et micro ondes.
Notre chambre, qui ressemble plutôt à une « boite » possède quant à elle, deux lits superposés, l’air conditionné (un peu de fraicheur !! !), des prises électriques (chouette! On va pouvoir tranquillement recharger nos MP3, ordi, piles,.... !), et un frigo !! Nous nous offrirons le luxe de nous acheter du beurre ainsi qu’un peu de viande ! Car c’est peut être banal pour vous mais pour nous, c’est un peu Noel une seconde fois ! Malheureusement, nous ne rempliront pas le frigo d’autres bonnes choses, l’unique magasin alimentaire du village, abusant de tarifs exorbitant ! A titre d’exemple, un concombre qui coute approximativement 1 dollar coute ici 4 dollars. Ils sont fous les gens de l’Outback ! Les asiatiques, étant ici depuis plusieurs semaines, vont régulièrement à Broken Hill pour faire leurs courses. (110km seulement…).
En discutant avec nos nouveaux collègues, nous apprenons que nous travaillerons seulement 5 ou 6 heures maximum par jour, le frigo du boss ne pouvant contenir qu’une quantité limitée de raisin. Flute ! Ce n’est pas comme ça qu’on va faire des économies ! A croire qu’il nous a embauché pour faire tourner son « camping » ! Tant pis, on essayera d’être encore plus rapide !
C’est donc dans la joie et la bonne humeur que nous débutons notre nouvel emploi : « Goooo, t’arrête pas ! Refait des boites, viiite ! ». Car nous avons choisi de travailler ensemble. Nous sommes une « team » ! Organisation, rapidité, efficacité, telle est désormais notre devise !
Le premier jour, nous ferons 87 boites. 7 finiront à la poubelle. Ben oui, un Asiatique, (la seconde main du boss), vient régulièrement nous voir afin de vanter nos exploits : « non non non, yé pas bon ça ! Trop mou, trop jaune, trop petit, trop de branches, trop gros, faut couper en deux, pas bon, pas bon, pas bon ! » Rho la la… quel rabat joie… On ne va pas se mettre à tout trier non plus ! Quand on regarde autour de nous, on voit en effet que les autres employés jettent la moitié du raisin par terre, voir même les ¾… quel gâchis ! Le second jour, nous firent 90 boites, (malgré les avertissements : « Non, non, pas bon ! ») puis une 40aine de boites le 3eme jour (car là, on triait correctement. Oh noon, ça y est, nous sommes formatés ! On se transforme en travailleur asiatique !).
Bon, ce qu’il faut également savoir, c’est qu’entre ces trois jours de travail, nous eurent pleins de jours de repos : un jour de travail, un jour de repos. Deux jours de travail, deux jours de repos. Et comme par hasard, c’est depuis que nous sommes là, car d’habitude, ils travaillent 6 jours/7. Pas de chance ! Mais donnez nous du boulot !!!!
Nous passons donc nos journées dans notre boite, devant la clim. Car il fait toujours très chaud et quand on vous met à disposition une pièce fraiche et bien croyez nous, vous y restez ! Du coup, nous ne faisons pas grand-chose de notre semaine…
Nous irons tout de même au bord du lac, pêcher et rêvasser. Incroyable la quantité d’oiseaux que nous pouvons apercevoir ! Mais nous ne nous y attarderons pas, la baignade y étant interdite et la chaleur ayant raison de nous.
C’est d’ailleurs ce soir là qu’on nous annonça de nouveau un jour « off »… Après une courte réflexion, nous décidons de partir. Nous ne voulons plus rester dans notre petite boite et surtout, nous voulons un véritable boulot, c’est à dire un travail ou l’on peut travailler… Pas de temps à perdre, l’appel du large se fait à présent ressentir.
Enfilons nos santiag’s et nos chapeaux de cow-boys, nous partons pour Broken Hill. Hi ha !!