Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de Mélanie. Comme tous les ans, elle fête ses 20 ans. Grégory a décidé de faire les choses en grand : « Va faire ton sac, on décolle dans 3h pour les iles Loyauté. Nous partons une semaine à Ouvéa et une semaine à Lifou. Joyeux anniversaire ! Les Iles Loyauté sont des atolls a environ 100 km à l’est de la Grande Terre. Chouette, chouette, chouette !
Nous partons donc pour Ouvéa. Ouvéa, 4400 habitants est un superbe atoll corallien tout en longueur, bordé de nombreux ilots et entouré d’un magnifique lagon déclinant toutes les nuances de bleu.
Nous passerons deux nuits en case et gouterons au bougna, le plat traditionnel fait à base d’igname, de poisson (ou poulet), de patate douce, de banane et de lait de coco, le tout cuit à l’étouffé dans des feuilles de banane. Pas sensationnel, un peu sec mais ça tient bien au ventre !
Les plages d’Ouvéa sont des plages de sable blanc, désertiques, qui s’étendent sur plusieurs kilomètres. L’eau y est d’un bleu turquoise incroyable.
Nous nous arrêterons au Pont de Mouli dans le sud de l’ile. Celui-ci fait le lien entre l’océan et une réserve naturelle, qui se trouve être un petit paradis pour les poissons, les tortues, les raies et les requins de récifs. Notre camping se situant juste à côté, nous passons de longues minutes sur le pont à observer tout ce joli monde.
Nous nous rendrons également au monument des 19. Pour rappel, Ouvéa a défrayé la chronique en 1988 avec la prise d’otage d’Ouvéa qui se termina dans un bain de sang. Petit rappel :
« En Janvier 1987, l’Assemblée Nationale approuve le nouveau plan pour le territoire qui prévoit la réduction à trois des quatre conseils régionaux de Nouvelle Calédonie et l’augmentation des forces de police. Une élection doit avoir lieu en avril 1988, qui coïncide avec le premier tour du scrutin présidentiel en France. Le FLNKS (Front de libération nationale kanak et socialiste) demande que l’élection en Nouvelle Calédonie soit reportée après ce dernier. Les refus successifs du gouvernement attisent alors la vague de colère qui déclenchera l’affaire Nouméa. Le jour de la présidentielle, un groupe de Kanak s’empare de la gendarmerie de Fayaoué et tue 4 gendarmes avant de se replier avec 16 otages dans une grotte proche de Gossanah, dans l’extrémité nord de l’île. L’intervention militaire française dans la grotte fait 21 morts dont 2 gendarmes. Après l’assaut, 32 prisonniers ouvéens parmi lesquels Wea, chef indépendantiste local, sont envoyés en France pour y être jugés. Wea est finalement libéré et ses compagnons amnistiés dans le cadre des accords de Matignon signés en juin 1988 et stipulant la tenue d’un referendum la même année. Certains Kanaks, dont Wéa, continuent pourtant d’en appeler à l’indépendance immédiate. Un an jour pour jour après l’assaut de la grotte, le leader du FLNKS, Jean-Marie Tjibaou et son second, venus à Ouvéa pour assiste à une cérémonie marquant la fin des 12 mois de deuil pour les 19 Kanak morts, sont abattus à bout portant par Wea, tué à son tour par un policier kanak. »
Nous passons donc devant ce grand mémorial haut en couleurs. Chaque nom est accompagné d’une photo et de l’âge du défunt. Ce monument peut vous paraitre déplacé mais n’oublions pas qu’Ouvéa est une petite ile et que chacun de ces hommes était un fils, un frère, un cousin, un oncle.
Cette année, la gendarmerie a enfin eu l’autorisation de mettre une stèle en mémoire des gendarmes tués. Il y a du progrès !
Aujourd’hui, les habitants n’oublient pas leur histoire mais souhaitent tourner la page et commencent à miser sur le tourisme (à petite échelle !).
Nous partirons ensuite dans le Nord en stop dans la remorque d’une camionnette, cheveux au vent. (il est courant ici, de monter à l’arrière des camionnettes, les gendarmes étant plus laxistes par ici). Nous monterons également dans la voiture d’un pasteur qui nous raconta s’être rendus dans la grotte de Gossanah pendant la prise d’otage.
Un kanak nous emmènera également voir « le trou d’eau bleu » ainsi qu’un autre grand trou d’eau se situant au fond du jardin de son grand père. Mi eau salée, mi eau douce, quelques membres de la tribu y ont placé de nombreux poissons pêchés en mer. Un bel aquarium !
C’est également au début de notre séjour sur Ouvéa que nous rencontrerons Léa et Léa, deux métropolitaines de 22 ans qui voyagent de la même façon que nous. Pendant 15 jours, nous firent involontairement le même itinéraire, les mêmes campings, se croisant en permanence sur la route. Nous finissons par nous croire dans Pékin Express ! Nous passerons en tout cas de bons moments en leur compagnie. A l’heure où nous vous écrivons, leur avion décolle pour la capitale.(Courage, nous compatissons !).
Nous voilà donc tous les quatre à attendre l’avion à l’aérodrome, qui nous emmènera à Lifou. Le temps est mauvais, vent et pluie nous accompagnent. (Et oui, les averses sont très fréquentes en ce moment !). Quand nous apercevons notre avion, nous changeons un peu de couleur. L’avion est riquiqui, il ne possède que quelques sièges. Peu rassurés, nous montons tout de même dans celui –ci. Le pilote débute pour notre plus grand désarroi. Il n’y a pas de porte qui sépare la cabine du reste de l’avion, nous voyons donc les moindres faits et gestes des pilotes. L’avion fuit à certains endroits (surtout sur une des Léa). 1, 2, 3 décollaaaaage !!!! Tout compte fait, le vol se passe sans difficultés, malgré le vent et la pluie. Ouf !
Lifou, 10300 habitants est une île bordée de plages de rêve, de hautes falaises donnant sur de magnifiques panoramas, d’impressionnantes grottes calcaire et d’une végétation touffue.
Nous arpenterons l’ile du Sud au Nord, nous promènerons sur les falaises de Xodre, nous arrêterons à Mu où Mélanie ramassera sur la plage un nautile, fossile vivant n’ayant pas évolué depuis 100 millions d’années ! Nous découvrirons une vanilleraie (la vanilleraie joyeuse) en compagnie de Lues, le cultivateur qui nous apprit beaucoup sur la vanille. Saviez vous que celle ci est l’unique orchidée comestible ?
Nous poursuivrons notre chemin, nous arrêtant au camping de Hukekep (une des meilleures adresses pour le camping) qui donne directement sur la plage de Luengoni, certainement la plus belle de l’ile. Le coucher de soleil y vaut également le détour !
Nous ferons également de long en large le marché de Wé, goutant à de nombreux gâteaux maisons (souvent nature ou à la banane) et faisant le pleins de fruits et légumes. Sur la route qui nous y mène, nous admirons le paysage : d’un côté se trouve la mer, de l’autre de très belles roches calcaire, à moitié creusées.
Nous partons ensuite pour le nord, à Jokin. Le camping (camping Faré falaise) se trouve au bord d’une falaise, le paysage est à couper le souffle. 40m plus bas, l’eau est si claire que nous pouvons apercevoir les poissons. Cet endroit est propice au snorkeling, quel plaisir de nager dans une eau turquoise, au milieu des coraux. Tous les jours, nous mangeons une ou deux voir même trois noix de coco. Quel délice ! Tout comme sur la Grande Terre, les cocotiers produisent à outrance de nombreux fruits pour notre plus grand bonheur. Nous sommes devenus experts en ouverture de noix de coco, bientôt nous les ouvrirons avec les dents.
Notre endroit préféré fut peut être finalement Easo (camping L’Ilot Rêve). Le camping est vraiment joli, nous installons notre tente en hauteur, juste devant un très beau point de vue donnant sur la mer et la côte. De là haut, nous admirons les tortues qui passent. Nous irons voir la chapelle notre Dame de Lourdes, au sommet d’une colline verdoyante puis irons faire du snorkeling dans l’aquarium naturel (baie de Jinek). Ses eaux calmes abritent de nombreuses espèces de poissons tropicaux, c’est un vrai régal !
Grégory, fidele à ses habitudes pêchera tout au long de notre périple. Quelques petits poissons mais toujours pas de requins. C’est lors d’une de ses parties de pêche sur un grand ponton que nous apercevrons une tortue à une dizaine de mètres de nous. Ni une ni deux, Mélanie prit son courage à deux mains (car nous nous sommes habituellement des mauviettes lorsqu’il s’agit de sauter dans l’eau) et plongea à la poursuite de la tortue. Elle y parvint ! Quel spectacle !. Mélanie tenta de la toucher mais la tortue ne l’entendit pas de cette oreille. Après l’avoir suivit une bonne dizaine de mètres, Mélanie remonta à la surface, un grand sourire aux lèvres.
Le soir, nous observons deux baleines à bosses qui entrèrent dans la baie. Le lendemain, elles s’approcheront d’un peu plus près, le bruit de leurs sauts nous venant jusqu’aux oreilles. Nous avons de la chance, nous pouvons apercevoir les baleines en Nouvelle-Calédonie seulement à certains endroits et uniquement de juillet à septembre. Bingo !
Il est déjà temps de repartir pour Nouméa… bye bye iles paradisiaques…. Nous retournons chez Nicolas et Delphine qui nous accueillent une fois de plus à bras ouverts pour notre plus grand bonheur.
Nous les accompagnerons en zodiac (en compagnie d’un autre couple, propriétaires du bateau) jusqu’à l’îlot Ténia. Ah quelle expérience éprouvante… La houle est assez forte, le bateau est lourd et ne survole pas les vagues… bien évidemment, il n’y a pas de sièges (et encore moins de ceintures !). Nous décollons tous, surtout Greg et Nico qui se trouvent sur les boudins latéraux. A chaque fois que nous nous envolons, nous nous imaginons les voir atterrir dans l’eau. Mais c’est bien vivant et avec quelques bobos que nous arrivons sur ce bel îlot. Au programme, kite-surf pour certains, snorkeling ou promenade pour d’autres. Grégory s’amusa à courser un petit requin, (Heureusement pour lui, il ne croisa pas sa maman…). C’est avec une peur certaine que Mélanie remonta sur le bateau. « On va tous mouriiiiiir !!! ». En vain, le retour fut un peu plus calme, pour le plus grand bonheur de chacun.
Nous passons les quelques jours qui nous reste à Nouméa, à organiser la suite de notre voyage, acheter de beaux souvenirs et visiter l’aquarium de Nouméa
Comme vous le voyez, la Nouvelle-Calédonie a surtout été synonyme de vacances pour nous. Nous avons eu un coup de cœur pour cette île française du Pacifique que peu de personne connait finalement. La kanaky est vraiment un pays à découvrir, sans voiture si possible car c’est le meilleur moyen de faire une multitude de rencontres incroyable. La culture des kanaks nous a séduite, leur bonté, leur générosité nous ont touchées et nous ont donnés de belles leçons de vie.
Il est à présent temps de reprendre notre périple. Le rythme va s’accélérer, les pays vont se succéder, les souvenirs vont se multiplier, en avant pour encore deux mois de bonheur. Nous décollons le 1er aout. Brisbane, nous voilà !