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Les aventures de Mélanie et Grégory au bout du monde


Nouméa et tour de la Grande Terre

Publié par unpasenavant sur 7 Juillet 2013, 06:56am

Catégories : #Nouvelle-Calédonie

Notre avion atterrit sur les terres Calédoniennes le 13 juin. L’air est chaud malgré le soir approchant, les couleurs rougissent, le parfum des fleurs d’hibiscus viennent nous caresser les narines. Bienvenu sur le caillou !

Paul un célibataire de 42 ans nous attend au port de Nouméa. Nous logerons une semaine sur son voilier de 13m, le « Zivio », qui se trouve au mouillage, à 200M du port. C’est donc de nuit, nos gros sacs dans son annexe, qu’il nous emmène à bord. Il est le seul woofer de Nouvelle-Calédonie et nous l’avons trouvé ! Pendant cette semaine, nous lustrerons ses meubles en bois, ferons du ménage dans son bateau, cherchant à éliminer les quelques cafards trainant, gratterons l’hélice du bateau, marquerons à la peinture « Nouméa » à l’arrière de son bateau et déplacerons un moteur de bateau (bien lourd…). C’est avec plaisir que nous aidons Paul, ce grand adolescent désorganisé au cœur tendre, remplit de générosité. Une chose est sure, c’est qu’on n’a pas le temps de s’ennuyer avec lui !

Il nous emmènera en croisière sur l’ilot Laregnère, où nous planterons notre tente pour la nuit et fêterons sous la pluie (malheureusement), des anniversaires. L’ilot est situé dans une réserve naturelle. Nous pouvons observer de près de gros poissons, tortues et requins de récifs ainsi que des tricots rayés, serpents au venin mortel (qui se nourrit de petites murènes tout de même…), qui se promènent tranquillement sur la plage. Mais pas de danger, si on ne les embête pas, ils ne mordent pas !

Nous passerons quelques jours supplémentaires chez Nicolas et Delphine, connaissances lointaine de Grégory. En tant qu’anciens voyageurs australiens, ils comprennent tout à fait notre situation et nous ouvrent en grands les bras. Merci encore pour leur générosité ! Nous irons faire du snorkelling sur l’ilot Canard avec Nicolas : le corail et les poissons sont de toutes les couleurs, de toutes les formes et de toutes les tailles, nous nous croyons dans un aquarium géant, c’est incroyable. Bien évidemment après de telles émotions, une petite sieste au soleil s’impose. Ah, ça y est, il y a une forte odeur de vacances ! Que c’est bon ! En nous réveillant, nous soulevons le sac de Nicolas et découvrons un tricot rayé en train de roupiller. Et dire qu’il avait la tête posée dessus… Ce qu’il faut savoir, c’est que ces serpents ne sont pas très virulents sur terre. On peut même les prendre par la queue. Si vous tendez un peu le bras, ils n’auront pas la force de venir jusqu’à vous. Greg et Nicolas firent donc l’expérience avec succès (heureusement !).

Nous passerons la fête de la musique à Nouméa (fêtent t’ils la nuit la plus longue ? L’hiver ?). En tout cas, chez eux, ça dure 2 jours ! Toutes les occasions sont bonnes pour faire la fête ici. Nous nous arrêterons devant un petit groupe local dont la musique et le chant nous plongerons dans l’univers Calédonien. Un peu plus loin, un karaoké géant a lieu. Cela attire du monde et contrairement à chez nous dans ce genre d’événement, ce ne sont pas les ivrognes qui chantent !

Avant de partir de Nouméa, nous visitons la ville, le Musée de la ville (très intéressant), le Musée de Nouvelle-Calédonie, le Parc forestier et zoologique ou nous faisons la connaissance des cagous (oiseaux emblématiques de Nouvelle-Calédonie) et le Centre culturel Djibaou.

Malgré tout ce qu’on peut entendre, nous trouvons la vie bien moins chère ici qu’en Australie et qu’en Nouvelle-Zélande. Les campings sont bien moins chers (seulement de 3 à 12 euros la nuit pour 2 personnes au lieu de 20 à 25euros (hormis dans les campings du DOC mais encore fallait- il les trouver)). Les activités touristiques et sportives sont également moins chères. Quant à la nourriture… aaaah, quel plaisir de retrouver son bon vieux pain français !! Nous qui mangions du pain de mie matin et midi depuis plus de 7mois, nous ressuscitons ! Avec lui, nous retrouvons également pâté, salami,… à un prix tout à fait accessible. Nous avons aussi grand plaisir à manger les fruits exotiques et les légumes de l’île: noix de coco, pamplemousse, pomelos, mandarine, banane, ananas, papaye, goyave, chouchoute, squash, parfois directement ramassés aux pieds des arbres. Une chose est sûre, question nourriture, vous ne pouvez pas mourir de faim ici.

C’est décidé, nous partons faire le tour de la Nouvelle-Calédonie en stop (en pouce, comme ils disent ici). Nous nous tâtions à le faire à vélo, malheureusement, les routes sont dangereuses ici, on nous le déconseille vivement, nous abandonnons donc l’idée. Une fois de plus, l’alcool est le premier facteur d’accident routier. Tout au long de la route, nous observerons en effet, toutes les cannettes de bières qui trainent sur le bas côté. Impressionnant tout ce qu’il y a…

Nous partons au Nord de Nouméa, à Farino (plus petite commune de Nouvelle –Calé) avec Nicolas et Delphine, à bord de leur voiture, une ancienne voiture de gendarmerie, il faut le préciser ! Même pas peur ! Heureusement, ils ont collé des autocollants dessus… . Deux de leurs copains nous accompagnent également. Nous installons nos tentes autour d’un grand feu, et savourons un bon barbecue. Nous visiterons le Parc des Grandes fougères, certains se baigneront dans la cuve du trou Feillet (Sarraméa) et nous promènerons sur le chemin de la petite cascade (Farino).

Nous voilà de nouveau tous les deux. Enfin, tous les trois…. Depuis deux jours, un chien du voisinage  nous suit partout. Kenza est un gentil Pitt Bull qui dort à coté de notre tente. On l’emmènerait bien avec nous mais faire du stop avec un Pitt bull n’est pas chose facile. Bye bye le chien !

Nous voilâmes une fois de plus le pouce en l’air. Nous souhaitons aller sur la côte est, nous prenons donc la transversale qu’on nous a conseillé. Le stop marche vraiment très bien ici. Il suffit d’attendre qu’une ou deux voitures passent pour être pris. Enfin, ça c’est au début… car ce qu’on ne nous a pas dit c’est que nous nous trouvons sur la route la moins fréquentée de Nouvelle-Calédonie. Seuls les mineurs empruntent cette route. Mais aujourd’hui, étant donné qu’il pleut, beaucoup ne travaillent pas. Nous marchons donc patiemment, admirant un grand tapis roulant d’une vingtaine de kilomètres, transportant du minerai, grignotons quelques pamplemousses trouvés sur le bas côté de la chaussée, achetons d’autres fruit sur un étal au bord de la route et tombons dans une tribu.  Nous la traversons tranquillement jusqu’à ce que deux kanaks nous hèlent.

 Tous les deux ont une trentaine d’année (ou une centaine ?). José marche pied nus, n’a plus qu’une dent sur deux, a une bouteille de vin rouge à trois quart vide dans la main et a le blanc des yeux vraiment très jaune. Son  visage est très marqué. Le second, Kaja, a fait 15 ans de légion. Ses gros bras musclés nous incitent à le croire. Lui aussi a les yeux bien jaunes. Il nous annonce qu’il est le chef de la tribu. Très accueillant, ils nous proposent alcool et cannabis, fléau depuis les années 80 qui fait des ravages psychiatrique. Les anciens rejettent cette drogue, seuls les jeunes en consomment. Ils nous parlent de façon animée des Caldoches qu’ils n’aiment pas du tout et du référendum pour l’indépendance qui aura lieu l’année prochaine. Ils nous poussent ensuite à accepter de passer la nuit dans leur tribu. Mais ils sont un peu effrayant, nous insistons pour poursuivre notre route. Un peu plus loin, une voiture s’arrête enfin. Deux autres hommes de la tribu nous emmènent à la sortie de la mine, là où passent parfois quelques voitures et emmènent par la même occasion un jeune de la tribu habitant un peu plus loin. Comme nous prenons toute la place dans la voiture, il s assied naturellement sur l’essuie glace arrière et ne bouge pas d’un poil quand la voiture, mouillée par la pluie, roule dans des nids de poules…. Il parait qu’il est cavalier…

Nous trouvons enfin un mineur qui accepte de nous emmener. Un kanak très lucide de la condition des siens, du pays et de ce qui l’entoure. Sur la route, nous observons les dégâts qu’ont causés les mines sur le paysage. Les montagnes sont grignotées de toutes parts. La Nouvelle-Calédonie, petit territoire, est en train de détruire ses montagnes, pour bien peu. Depuis peu, les dirigeants des mines ont obligation de reboiser les montagnes. C’est heureusement  la moindre des choses.

Par la suite, une femme nous prendra en stop. C’est la compagne du chef d’une tribu. Elle doit se marier l’année prochaine. C’est un événement colossal ! Car les kanaks se marie peu. Le dernier mariage de la tribu date d’il y a 23 ans. Les frères du futur marié sont chargés d’aller prévenir tous les membres des clans de la tribu qui se trouvent un peu partout sur l’ile. Pas de faire part, la coutume veut qu’on se déplace. Ils attendent 800 personnes.  La première chose à faire, nous dit elle, c’est un champ d’igname. La seconde, c’est de construire des cases en dure pour loger les invités. (Et dire qu’il nous faut également un an en métropole pour louer une salle des fêtes et trouver un traiteur !). Gentiment et spontanément, elle alla nous acheter des bouteilles de coca-cola puis fit un détour avant de nous déposer dans notre camping. La bonté des kanaks….

Nous atterrissons par la suite dans un camping (Poindimié) qui loue des canoës. Ni une, ni deux, nous voici en train de pagayer jusqu’à l’îlot d’en face, ilot de sable, de corail et d’arbre fruitiers. Nous y ferons du masque et du tuba, Grégory péchera depuis son canoë et nous ferons de nouveau une belle rencontre : Clovis, la soixantaine, pêcheur au filet, vient ici une à deux fois par semaine afin d’attraper des sardines qu’il vend au marché ou sur son étal, sur la route. Nous admirons sa technique, (pas un seul coup raté !) et l’aidons à mettre en sac ses poissons. Il nous en donnera un bon kilo pour notre barbecue du  soir. Cet après midi, il part en barque pêcher en mer. Il reviendra  nous donner des poissons. Normal… (Attention, la gratte sévit en Nouvelle Calédonie : une toxine contenue dans une algue est ingérée par certains poissons et se transmet ensuite à l’homme. Il est nécessaire d’avoir l’avis des locaux avant de consommer du poisson.).

Nous partons ensuite pour Hienghene où nous admirerons du haut de la montagne, le superbe paysage qui s’offre à nous : la mer à perte de vue, la  barrière de corail, 6 ilots, des  montagnes, les falaises de Lindéralique (roche noire semblant être découpée au scalpel), dont une qui représente une poule. Le soir, Grégory attrapera un gros crabe qui se baladait sur la terre. Nous le mettrons en sécurité pour la nuit et préparerons mentalement la recette de la mayonnaise. Malheureusement, il a du nous entendre, le lendemain matin, il s’était fait la malle! Dommage !

Nous nous arrêterons également à la cascade de Tao (100m tout de même !) où Mélanie barbotera au pied de celle-ci, au milieu des écrevisses. Le soir, nous passons la soirée avec un kanak d’une cinquantaine d’années qui se trouve être le frère du propriétaire du camping. Il nous raconte comment il part chasser le cerf, à 5h du matin, avec pour seul équipement, son fusil et sa lampe frontale. Il nous raconte aussi ses déboires mouvementés avec la gendarmerie qui pensait qu’il avait tiré sur un homme, et pleins d’autres petites histoires enchantées…

L’endroit où se trouve le camping est paradisiaque. La végétation est omniprésente, nous apercevons et entendons deux belles cascades, la plage est à quelques mètres de la tente et lorsque l’on se retourne, nous apercevons un petit pont, enjambant une rivière classée réserve naturelle. Pas mal, quoi….

Le lendemain, nous prenons le bus pour passer à l’ouest de l’île. Nous faisons une halte dans un village et découvrons une fois de plus certains locaux : un groupe d’alcooliques et de drogués très accueillant mais une fois de plus, effrayant qui veulent nous faire passer la nuit dans leur tribu. Puis un jeune musicien qui nous invite à boire le café à l’école de musique. Nous reprenons un second bus. Le chauffeur  doit bien connaître la route vu la vitesse à laquelle il roule…  Vive les montagnes Russes !

Nous découvrons donc la côte Ouest qui n’a rien a voir avec l’Est. Les kanaks l’appellent la côte des blancs. En effet, il y a presque autant de kanaks que de blancs. Les villages sont plus grands, il y a plus de monde et de magasins, le paysage a changé de décor, les montagnes se trouvent plus à l’arrière, les vaches ruminent dans les plaines.

C’est à Koumac, au Nord de l’île que nous rencontrerons Fabrice, Kanak d’une quarantaine d’années qui nous récupèrera en stop. Après nous avoir acheté de multiples friandises de peur qu’on ait faim, il nous emmènera nous promener dans la montagne pour nous emmener voir sa grand-mère, dans une petite tribu reculée. La route n’est pas goudronnée et le pick up traverse aisément quelques rivières. Il nous invitera également à boire le thé chez lui afin de nous faire rencontrer sa famille.

Le racisme entre Caldoche et Kanaks se fait assez bien ressentir. Certains kanaks nous disent clairement qu’ils ne les aiment pas. Quant aux colons, nous ressentons parfois un climat de peur envers les kanaks : « vous faites du pouce ? Oh la la, moi je ne tenterais pas ! Les indigènes vous ramassent mais vous ne savez pas où ils vont vous emmener. » « Aller à Canala ? Oh la la, je vous le déconseille si vous ne voulez pas qu’il vous arrive des bricoles… moi je dis ça mais c’est pour vous ». Il y a en effet parfois de petits groupes, souvent alcoolisés  et drogués qui parfois embêtent plus ou moins méchamment les blancs. Il paraitrait que les kanaks ont la machette facile. Même entre eux. En tout cas, nous avons pour le moment une très bonne image des kanaks et avons beaucoup à apprendre d’eux !

Nous partons maintenant à Voh visiter l’écomusée du café et observer du haut d’une montagne le célébrissime cœur de Voh. Nous flânerons également sur un marché, en bord de plage, savourant des mets locaux. Nous ramasserons aussi des palourdes que nous cuisinerons ainsi que deux énormes crabes que Gregory tuera de sang froid. En attendant, nous nous retrouvons presque avec un plateau de fruits de mer ! C’est au même endroit que nous apercevrons trois dauphins à une petite dizaine de mètres de nous. Mélanie se précipitera pour aller chercher masque et tuba et se jeter dans l’eau malheureusement, les dauphins étaient déjà trop loin… dommage !

Nous passerons ensuite faire un tour à la Roche Percée (maintenant effondrée) ainsi qu’à la baie des tortues, magnifique crique entourée de pins colonnaires. Nous visiterons enfin le fort de Teremba avant de reprendre la route de Nouméa. a

Retour au point de départ ! L’article est long, bravo si vous réussissez à le lire en entier ! A bientôt pour de nouvelles aventures !

 

 

 

 

 

Nouméa et tour de la Grande Terre
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M
Pas toujours évident d'être à jour mais quand on commence quelque chose, autant le faire jusqu'au bout! Surtout que c'est notre manière de vous raconter notre voyage, de le partager avec vous car en rentrant, on ne pourra pas raconter tout ca aux gens. Alors on leur répondra "va lire notre blog". Lol.
Les chiens sont super gentils mais la plupart du temps en mauvais état, souvent maigres et pleins de puces, certains boitent car ils se sont fait taper. De temps en temps, on en croise des morts au bord des routes. Tout ca pour dire que non, ils ne m'ont pas mangé, ca aurait plutôt été l'inverse! Mouahah!
Pour la carte postale c'est rapide en effet. Ils sont forts ces Français!
Et pour le serpent, c'est un tricot rayé. Mortel mais pas virulent, il est même plutôt joli!
On répond 2 mois plus tard mais il n'est jamais trop tard... Aaah la Nouvelle-Calédonie... Vivement qu'on y retourne! ;-)
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L
J'aime trop le "mortel mais pas virulent"!!!!
L
Ah!non mais on dévore vos articles et on se dit :zut , déjà fini!
Bon maintenant vais devoir regarder les photos mais Didier m'a prévenue qu'il y avait qq snakes alors I'm afraid!
Donc quand vous viendrez ici vous pourrez faire joujou avec les vipères!!
GROS BISOUS MAIS NE PRENEZ PAS TROP DE RISQUES QUAND MËME!
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G
Ben avec tout ce que vous faites, pas étonnant d'avoir des articles aussi longs! En tout cas bravo pour votre fidélité à l'écriture, on continue à se régaler!!! En parlant de se régaler... Les
chiens affamés sur la photo ont ils fini par manger Mélanie ou seulement le contenu de son sac à dos? lol
Attention de ne pas revenir trop drogués au milieu de tout ça, ce n'est pas très bien vu à l'aéroport!
Un grand merci pour votre carte postale: incroyable, on l'a reçue aussi vite que si elle venait de Corse (1 semaine je crois)! Gros bisous prenez soin de vous
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